
Vous ai-je déjà présenté Mémé en plein doute existentiel ? Le menton lourd de questionnements, pendant que sa jument de concours l’observe tranquillement… Le problème de Mémé, c’est un peu comme si elle avait son ego inversement proportionnel à son équilibre sur ses deux pattes : pour se sentir grande, elle a un besoin irrépressible de se percher le plus haut possible, un peu comme ses poules à la tombée de la nuit ! C’est une caractéristique bien connue chez ces grands mammifères bipèdes et on appelle cela le besoin de briller en société ; dans cette quête inassouvie et permanente, le cheval n’est plus vu comme un animal sensible mais comme un outil et un tremplin vers la victoire. L’appât du prestige et le besoin de reconnaissance sont à comparer à d’autres bipèdes plus silencieux qui passent leurs journées à regarder pousser les brins d’herbe ou à tirer silencieusement des plans sur la ligne du dos de leur poulain qui grandit. Les unes moquant les autres, ou l’inverse, ou se fondant dans les deux attitudes pourtant bien distinctes, tous se moquent et s’écharpent; Heureusement que la basse-cour est là pour rire. Laissons les tous caqueter et courir après leurs médailles en chocolat; à vouloir toujours grimper plus haut, ils vont se faire plumer jusqu’au dernier duvet; alors c’est vrai qu’on l’aime bien, mémé, mais on la préfère assise par terre au ras des pâquerettes, c’est là qu’elle est beaucoup plus fréquentable.
Kandide