le bipède extraverti

Il y a une élégance certaine dans l’excentricité, une sorte de politesse du désespoir qui opère un choix entre le rire et la couleur pour contrer la grisaille des conventions. Tout le monde croise un jour, au détour d’un paddock, cet individu que les gens convenables jugent un peu trop sonore, trop vif, « agité du bocal ».

Ces électrons libres possèdent le courage d’être eux-mêmes. Face à la gravité empruntée des pseudo-doctes, ces lutins opposent la plus belle des galopades : celle de la liberté, la même que celle que nous incarnons, nous chevaux. Ces amis avancent masqués en bouffons, mais leur folie apparente est une sagesse, consciente que la vie est un passage et qu’il faut cueillir l’instant; Le monde des chevaux perçoit avec lucidité  leur détresse sous-jacente, nous les observons avec la bienveillance affectueuse qu’ont les bergers pour leurs brebis.

La lucidité n’exclut pas la tendresse. Être soi-même, envers et contre l’avis du plus grand nombre , exige une force de caractère que le sérieux emprunté ne connaîtra jamais. Nous chevaux, apprécions ces cavaliers décalés. Il leur manque peut-être en apparence quelques pièces, au sens où l’entend la norme, mais ils possèdent l’essentiel : le génie de la légèreté et la classe de ne pas se prendre au sérieux, dans un monde qui s’écoute trop parler et se regarde trop galoper;

Kandide

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