
La solidarité serait-elle une vertu purement équine… c’est la question que je me pose depuis la mésaventure de La Pompadour. Dernière arrivée mais première au chevet des poules malades, cette petite nouvelle s’est distinguée par son dévouement en veillant sur Nuggets affaiblie et en partageant ses meilleures limaces avec elle.
Pourtant, ce matin, souffrant à son tour, le retour de générosité n’a pas eu lieu. Instantanément, La Pompadour a été destituée de son statut d’amie pour être réduite à sa simple utilité biologique. Actuellement improductive et affolée par la présence d’une couleuvre dans son espace, elle essuie l’indifférence, le dégoût, et se fait même voler sa ration par son ancienne copine, Nuggets. Ceci ressemble un peu à un utilitarisme relationnel digne des travers humains. Chez les poules, la vulnérabilité briserait-elle le pacte social et réorganiserait-elle la hiérarchie au profit exclusif des plus forts?
Fort heureusement, la vigilance de leur protectrice a fait échec à cette situation inique. En observant son petit monde, mémé a instauré un périmètre de sécurité circulaire pour isoler la convalescente des attaques des trois vélociraptors et lui permettre de s’alimenter normalement. Une intervention qui rappelle que face à la dureté de certains comportements naturels, la protection du plus faible est bienvenue. Quant à nous, chevaux, rassurons-nous : l’altruisme défensif et la cohésion sont des comportements innés et restent les piliers de notre survie.
Kandide