
À tous ceux qui se plaignent du chant du coq à la campagne, sachez que si vous allez faire un tour en Bretagne pour les vacances, ce sera bien pire !
Vous entendrez bel et bien le loup, le renard et la belette*. Si le coq Maurice se contente de chanter, la faune bretonne se distingue par son sens de la polyphonie, où cohabitent trois spécimens particulièrement mélomanes : Le loup, dont les hurlements rompent la monotonie des nuits, le renard, dont les glapissements apportent une tessiture plus aiguë et plus saccadée et la belette qui vient compléter l’ensemble par un contrepoint vif. Ce triumvirat chorégraphique est capable de chanter en chœur et de perturber efficacement le repos des vacanciers, bien au delà du chant des coqs.
Certains voient dans ces chants ruraux une nuisance, une « pollution sonore » mais ils oublient que le calme absolu n’existe pas.
Depuis la loi du 29 janvier 2021, nous avons franchi un pas historique en France. Le chant du coq, les meuglements, le tintement des cloches et les odeurs de ferme sont officiellement protégés au titre du patrimoine sensoriel des campagnes.
Kandide
* l’origine du chant remonte au XV eme siècle, cet air a traversé le temps et la première version bretonne remonte à 1973 avec le groupe folklorique Kouerien.