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Il n'y a pas de mauvais chevaux, il n'y a que des mauvais cavaliers.
Auteur inconnu
 
Piroplasmose équine
 



La Piroplasmose Equine


Ou plutôt leS piroplasmoseS équines...


introduction


Les deux parasites qui provoquent des piroplasmoses chez les équidés sont Babesia caballi et Theileria equi. Les espèces sensibles sont les chevaux principalement, mais les ânes et mules peuvent être infectés, de même que les zèbres.
Elles ont une importance médicale car, non soignées, elles peuvent être mortelles, mais surtout une importance économique car de nombreux pays (que l'infection y soit endémique ou non) réclament que les chevaux soient séronégatifs aux piroplasmoses pour pouvoir entrer sur leurs territoires. Ce test sérologique se fait dans les pays indemnes de piroplasmose (Scandinavie) mais aussi, ce qui est absurde, dans certains pays où la maladie est très présente (France).
Les piroplasmoses ne sont pas des zoonoses, donc non transmissibles directement à l'homme, mais dans de rares cas, transmissible in utero (de la mère au poulain).


parasites


Ce sont des parasites sanguins et plus particulièrement des globules rouges :


B. caballi



B. caballi est une piroplasmose grande forme de 2 à 5 µm pour un globule rouge d'environ 7µm .
On a une parasitémie faible,c'est à dire qu'elle ne dépasse que très rarement 0,5% des hématies. Il faut donc faire appel le plus souvent à des techniques de purification ou encore à la PCR (méthode d'amplification du génome rapide mais couteuse). On ne peut donc pas conclure si l'on ne voit rien au microscope, mais une seule hématie parasitée suffit à prouver une piroplasmose.



Dermacentor reticulatus est un très bon vecteur pour Babesia caballi. La tique est un bon réservoir car elle peut transmettre jusqu'à 4 cycles consécutifs! La tique adulte transmet B. caballi à un cheval sain en injectant de la salive via son hypostome.
L’infection persiste 15 à 18 mois chez le cheval donc ce n’est pas un très bon réservoir (la tique est le réservoir).


http://www.dartmoorcam.co.uk/dartmoortickwatch/photos/Dermacentor/dermacentor.htm

o Signes cliniques :
L'incubation courte justifie un pic thermique (>41°C) 8-10 jours après l'infestation. Le pic d’hyperthermie concorde avec le pic de GR parasités. C'est la seule maladie du cheval où la fièvre monte si haut et si vite !
On observe :
- Syndrôme fébrile : fièvre, polypnée, tachycardie
- Anémie légère et parfois : hémoglobinurie, bilirubinurie
- Sub-ictère
- Insuffisance rénale possible
- Monocytose (signe accompagnant les protozooses sanguines)

o Lésions : hépato-splénomégalie

o Pronostic : Le pronostic est plutôt bon, sauf si c'est un vieux cheval ou s'il y a des complications hépatonéphritiques ou cardiaque.

o Traitement de B. caballi :
– principe actif : Imidocarbe (Carbesia ND)
– protocole : injection profonde en IM dans l’encolure ou la croupe, de 2,5 mg/kg de produit en une seule fois. C'est un traitement curatif. Ne pas dépasser 5mL par site d’injection.
– stérilisation (traitement pour débarrasser complètement l'animal du parasite) : 2 injections à 72 h d’intervalle


T. equi




T. equi est une piroplasmose petite forme caractéristique.
Elle présente des petites formes arrondies ou des figures en croix de Malte.
Les parasitémies sont alors beaucoup plus importantes (1/3 des GR parasités).
Attention cependant : le cycle de T. equi fait intervenir un stade intra-lymphocytaire avant l’entrée du parasite dans les GR, il peut donc y avoir parasitisme et symptomatologie associée (hyperthermie) sans que le parasite soit présent dans le sang. Seule la ponction de nœud lymphatique peut mettre en évidence le parasite en nature.
Parfois on doit attendre plusieurs années avant que le stade intra-lymphocytaire évolue et que la parasitémie apparaisse dans le sang.



Rhipicephalus bursa intervient dans la transmission de T. equi. Cette tique, dont la particularité est son monotropisme (elle ne s'intéresse qu'à un seul type d'hôte : les grands mammifères, les chevaux en priorité mais aussi les bovins) s'infecte sur son premier hôte. T. equi se multiplie alors de façon sexuée dans la tique avant de gagner les glandes salivaires.


http://webpages.lincoln.ac.uk/fruedisueli/FR-webpages/parasitology/Ticks/TIK/tick-key/background_rhipicephalus.htm

Le réservoir est constitué des formes intra-lymphocytaires, dont le stock est relargué vers les GR régulièrement. L’infection persiste plus de 5 ans donc les équidés sont le principal de réservoir de T. equi.

o Signes cliniques :
Le pic thermique est moins prononcé et plus chaotique. Il y a un décalage entre les symptômes et la parasitémie (dû au passage par un stade intra-lymphocytaire avant le stade intra-érythrocytaire).
La forme clinique est beaucoup plus grave que la piroplasmose à B. caballi. On observe :
- Anémie +++ avec bilirubinurie et hémoglobinurie marquées
- Ictère franc
- Pétéchies
- Adénomégalie discrète
- CIVD possible

o Lésions : hépatosplénomégalie comme pour B.caballi mais aussi une néphrite, des pétéchies et des adénopathies

o Pronostic : mortalité de 30 à 40% sans traitement

o Traitement de T. equi :
– principe actif 1 : Imidocarbe, mais il est actif seulement sur les formes intra-érythrocytaires, les formes intra-lymphocytaires ne sont donc pas touchées.
– protocole : injection de 2,5 mg/kg 2 fois à 24h d’intervalle en curatif
– stérilisation : illusoire (car il reste les formes intra-lymphocytaires)
– principe actif 2 : Buparvaquone (ButalexND), qui est actif sur formes intra-lymphocytaires, mais il n'a pas d’AMM en France (utilisé pour les theilérioses bovines au Maghreb).


Diagnostic et prévention



Le diagnostic dans les 2 cas se fait par identification du parasite ou sérologie.
Ces parasitoses sont essentiellement présentes dans le sud de l'Europe et le sud de la France, mais on constate une évolution rapide de la maladie vers le nord. La Hollande, la Belgique et l'Alle-magne, précédemment dépourvus de piroplasmoses équine, voient apparaître leurs premiers cas endémiques.
La maladie est en progression!

La prévention est encore plus difficile que dans les autres espèces (du fait de la peau du cheval et de sa fragilité aux traitements) :
– chimioprévention avec de l'imidocarbe : 3-4 semaines de protection
– pas de vaccin
– passe surtout par la lutte contre les tiques : très compliquée chez le cheval car les produits ont une faible rémanence.






Lexique



- adénomégalie : augmentation de la taille des noeuds lymphatiques
- anémie : diminution de la quantité d'hémoglobine dans le sang en dessous d'un certain seuil
- bilirubinurie : présence de bile dans les urines
- GR : globule rouge = érythrocyte = hématie
- hémoglobinurie : présence d'hémoglobine dans les urines
- hépatonéphrite : inflammation des reins et du foie
- hépatosplénomégalie : augmentation de la taille du foie et de la rate
- hypostome : appareil buccal de la tique- ictère : accumulation de bilirubine qui donne une couleur jaune aux muqueuses (=jaunisse)
- lymphocytaire : qui est en rapport avec les lymphocytes, globules blancs acteurs du système immunitaire
- monocytose : augmentation du taux de monocytes (gros GB)
- PCR : polymerase chain reaction, technique d'amplification de l'ADN (détection au dessus d'un certain niveau : s'il y a eu amplification, on détecte d'ADN et c'est positif)
- pétéchies : petites taches de sang d'un diamètre d'une tête d'épingle mais en nombre important, souvent conséquence de la rupture de capillaires sanguins


par Mawiie le 26/07/2013



 
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