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Les chevaux et les poètes doivent être nourris, non engraissés.
Charles IX
 
Rss Hans le malin
Hans le malin



L'intelligence des animaux est un sujet qui a donné lieu à de nombreux travaux dont les résultats offrent non seulement une meilleure compréhension du monde animal mais aussi, par extension, des pistes pour l’étude de l’intelligence humaine. Des expériences scientifiques[1] ont par exemple révélé que les bébés humains se trouvent sur un pied d’égalité avec les animaux lorsqu’il s’agit d’arithmétique simple : une découverte étonnante qui met en évidence l’intérêt de la recherche sur l’intelligence animale.

Hans le malin (en allemand der kluge Hans) est un cheval élevé en Allemagne qui, grâce à son intelligence, devint célèbre dans toute l'Europe au début du XXe siècle. L'intérêt que suscita son cas parmi les psychologues est à l'origine de ce que l'on appela plus tard le « phénomène Hans le Malin ».

Le cas de Hans le malin


Ce cheval, entraîné par M. von Osten, professeur de mathématiques et amateur de chevaux, était capable de répondre à des questions arithmétiques en tapant du sabot, et même de lire, d'épeler, d'identifier des notes de musique lorsque les questions étaient préalablement converties en nombres.

Un comité de treize savants, la « Commission Hans », fut constitué par le philosophe et psychologue Carl Stumpf pour vérifier ces allégations. Constatation troublante, le cheval répondait correctement même en l'absence de son maître, ce qui infirmait l'hypothèse d'une supercherie. Le comité passa le relais au psychologue Oskar Pfungst, qui publia les résultats de sa recherche en 1907. On parle depuis du « phénomène Clever Hans » ou, comme Rémy de Gourmont, des chevaux d’Elberfeld[1].

Oskar Pfungst étudia ce cas d'une manière expérimentale. Il effectua les tests suivants :

* isoler Hans et l'interrogateur de tout spectateur, pour éviter tout indice extérieur ;
* utiliser d'autres interrogateurs que le maître de Hans ;
* à l'aide d'œillères, faire en sorte que Hans ne voie pas l'interrogateur ;
* poser des questions dont l'interrogateur ignorait les réponses.

Il constata les faits suivants :

* le cheval répondait correctement, quelle que soit la personne qui posait la question ;
* mais il ne répondait pas correctement :
o quand la personne était hors de son champ de vision ;
o quand la personne ignorait elle-même la réponse à la question.

Pfungst en déduit que le cheval devait interpréter le comportement de la personne qui l'interrogeait. Il s'y intéressa donc et remarqua que de minuscules mouvements du visage trahissaient la réponse correcte, et que le cheval réagissait comme à un stimulus à ces petits mouvements musculaires.

Ce n'était donc pas une supercherie, car :

* ces mouvements étaient indépendants de la volonté de l'interrogateur ;
* le cheval réagissait véritablement à un stimulus.

Toutefois, le cheval ne « réfléchissait » pas véritablement à la question en elle-même.

L'effet Clever Hans:
Le risque de l'effet Clever Hans est une forte raison pour laquelle les psychologues comparatifs testent habituellement les animaux dans un contexte isolé, sans interaction avec eux. Toutefois, cela crée un problème, car de nombreux phénomènes parmi les plus intéressants dans la cognition animale ont le plus de chance d'être démontrés dans un contexte social, et afin de les entraîner et de les démontrer, il est nécessaire de construire une relation sociale entre l'entraîneur et l'animal. Ce point de vue a été fortement soutenu par Irene Pepperberg en rapport avec son étude avec le chimpanzé Washoe. Si les résultats de telles études doivent gagner une acceptation universelle, il est nécessaire de trouver quelque moyen de tester les accomplissements des animaux qui élimine les risques des effets Clever Hans. Toutefois, retirer simplement l'entraîneur de la scène n'est peut-être pas la stratégie appropriée, parce que là où la relation sociale entre l'entraîneur et le sujet est forte, le retrait de l'entraîneur peut produire des réponses émotionnelles empêchant le sujet de s'exécuter. Il est donc nécessaire de concevoir des procédures où aucune des personnes présentes ne sait quelle peut être la réaction probable de l'animal.

Pour un exemple de protocole expérimental conçu pour surmonter l'effet Clever Hans, voir Rico (Border Collie).

Comme le clarifie la dernière expérience de Pfungst, les effets Clever Hans ont à peu près autant de chances de se produire dans des expériences avec des humains que dans des expériences avec d'autres animaux. Pour cette raison, on prend souvent soin de faire des expériences en double-aveugle dans des champs tels que la perception, la psychologie cognitive et la psychologie sociale, c'est-à-dire que ni l'expérimentateur ni le sujet ne savent dans quelle condition le sujet est, et ainsi quelles réactions sont prévues. Une autre manière d'éviter l'effet Clever Hans est de remplacer l'expérimentateur par un ordinateur pouvant délivrer des instructions standardisées et enregistrer les réactions sans donner d'indices.

Source: Wikipédia
 
 
Note: 5
(1 note)
Ecrit par: sleipnir, Le: 14/09/10