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Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi : - ceux qui voulaient faire la même chose, - ceux qui voulaient le contraire, - et l'immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire.
Lao Tseu
 
Rss Petits maux et grandes Urgences
Petits maux et grandes Urgences
Paru dans L'EPERON 0°286 février 2009


Qu'il s'agisse d'un seul cheval détenu par un particulier, de chevaux de club ou de propriétaires, ou d'un troupeau chez un éleveur, que les chevaux soient en box, en stabulation ou au pré, l'état de chacun se vérifie tous les jours, au moins une fois. Tout accident peut survenir d'un instant à l'autre, et toute maladie a un début, et c'est au prix de cette surveillance systématique minimale que l'on pourra dans certains cas éviter des aggravations parfois irrémédiables.
Caché:

Vérifier l'état d'un cheval implique de savoir « en faire le tour» d'une façon à la fois machinale et attentive. afin de remarquer la moindre anomalie, qu'elle soit physique ou comportementale.

Concernant l'observation physique, on vérifiera s'il n'y a pas de toux, de jetage ou de plaie bien sûr, mais il faudra aussi faire bouger le cheval pour déceler une éventuelle boiterie ou une colique.
Le comportement du cheval est aussi révélateur qu'une plaie bien visible. Ajouté à une très bonne connaissance de chaque cheval et de ses habitudes, rien ne remplacera le fameux « coup d'œil» de la personne avertie.
Par chance, le cheval est un animal particulièrement expressif, Ses yeux, ses oreilles, ses naseaux, son flanc, sa posture, sont de très fiables indicateurs d'un inconfort ou d'une angoisse liés à un dysfonctionnement interne ou à un traumatisme. De même, une attitude inhabituelle, une chaleur localisée, une sudation, ou même simplement le fait que le cheval ne se trouve pas dans le lieu coutumier aux heures habituelles, ou qu'il se soit isolé du troupeau, sont des indices d'une situation anormale qui doit amener à s'interroger.

D'une façon générale, et concernant l'environnement du cheval, il convient de vérifier systématiquement l'accès à l'abreuvement, le niveau de l'eau, sa propreté,
Quant au cheval lui-même, sa visite peut malheureusement d'un jour à l'autre, d'une heure à l'autre, réserver une mauvaise surprise, On peut le retrouver blessé, boiteux,. abattu, couché, ou obstrué ... Parfois des symptômes peu alarmants cachent un état grave et, a contrario. un aspect dramatique se révèlera être une atteinte bénigne, Il n'est pas toujours simple de discerner l'urgence
Un poulain nécessite une surveillance particulièrement attentive. La mamelle de sa mère doit toujours être souple et l'idéal est de la toucher à chaque visite - Indiquant que le poulain tète régulièrement. Un poulain dont la mère a une mamelle pleine et dure relève d'une urgence.

CHEVAL BLESSÉ ET PLAIE OUVERTE
En cas de saignement important, il faut appliquer un pansement compressif, ou, à défaut. appuyer avec la main sur la blessure tout et appelant d'urgence le vétérinaire, La plaie ne sera suturée que si elle a moins de six heures et que cela ne met pas en tension la peau de façon trop importante, auquel cas les points ne tiendraient pas. La façon de soigner une plaie hémorragique dépend donc de sa localisation. La plupart des plaies, même impressionnantes, guérissent bien avec les soins appropriés, les plus ennuyeuses sont celles situées sous les genoux et les jarrets, car l'absence de muscles à ces endroits, et la proximité des os, favorisent le bourgeonnement des tissus. Ces plaies-là sont clone à surveiller de très près.
Les petites plaies se lavent à l'eau coutante, sans pression, pour éliminer les impuretés sans traumatiser les tissus. Après avoir séché la plaie, savonner avec un antiseptique type "vétédine savon", mais uniquement si l'on est sûr de pouvoir rincer parfaitement. Puis appliquer un désinfectant (type "vétédine solution"), il est souvent nécessaire de laisser la plaie à l'air libre, en tenant propre et sec, et en ayant appliqué de la pommade cicatrisante (ou spray, ou lotion, ou bombe d'aluminium), Parfois, au contraire, un pansement occlusif sera préférable, le vétérinaire jugera selon le cas précis, Il est essentiel de savoir si le cheval est à jour de ses vaccinations anti-tétaniques, et sinon, ou dans le doute, il faut injecter un sérum anti-tétanique.

CHEVAL BOITEUX
Le membre douloureux est celui sur lequel le cheval ne s'appuie pas, Ce qui est rassurant c'est que 90 %, voire 95 %, des boiteries soudaines sont dues à des abcès du pied qui se soignent bien. Il ne s'agit pas (l'une urgence, et en attendant le vétérinaire ou le maréchal, on lavera le pied dans de l'eau chaude additionnée d'eau de Javel et de sel pour aider à faire murir l'abcès, Le cheval doit bien entendu être vacciné contre le tétanos.
SI la boiterie est d'origine tendineuse, c'est de toutes les façons du ressort du vétérinaire.
D'une façon générale pour toutes les boiteries, et dans le doute, il vaut mieux ne pas forcer le cheval à marcher, hormis le cas où il est en plein vent ou sous la pluie. Il est alors préférable de le rentrer ail sec et de réfléchir au meilleur endroit où il pourra être vu par le vétérinaire sans risque de glissade et de blessure.

CHEVAL ABATTU, L'AIR TRISTE
Si le cheval est immobile, il faut le faire se déplacer pour révéler une boiterie qui le fait souffrir, S'il ne semble pas boiter, vérifier ensuite l'appétit en offrant une friandise, mais jamais une ration d'aliments entière. Prendre la température: la température normale du cheval est de 37° + ou - 0,5°. Il est intéressant de ne pas attendre que son cheval soit malade pour prendre la température afin de connaitre sa température de référence.
Si la fièvre est supérieure a 38,5°/39°, appeler le vétérinaire.


Les suppositions liées a un cheval abattu peuvent être d'origine différente: coliques sourdes, problèmes infectieux, fourbure. Dans ce dernier cas, la posture caractéristique, avec lin soulagement des antérieurs en basculant le polos sur l'arrière main, peut être plus ou moins prononcée. Une fourbure est une urgence, et en attendant le spécialiste, les membres peuvent être douchés à l'eau froide.
Une toux ou des éternuements, accompagnés ou non de jetage, indiquent le plus souvent qu'un traitement antibiotique sera nécessaire.
Si un cheval est couché aux heures ou aux endroits inhabituels, le faire se lever, le faire marcher, et l'observer un moment. Un cheval relevé ne se recouche jamais sauf en cas de problème.

COLIQUES
Les coliques peuvent avoir tous les degrés de gravité. Mais il s'agit bien de la première cause de mortalité chez le cheval adulte, et elles ne sont jamais à prendre à la légère. Le cheval en coliques se regarde le flanc, gratte, a l'air préoccupé. On peut assez rapidement administrer un antispasmodique à base de dypirone, en intra-veineuse ou en intra-musculaire, et marcher le cheval une demi-heure, sans crainte de masquer les symptômes ou de perdre du temps. La marche évite que le cheval n'aggrave son cas en se couchant violemment, et l'aide à se détendre. Si aucune amélioration n'est constatée, il est temps d'appeler le vétérinaire. En revanche, si le cheval est violent et/ou franchement inconfortable, appeler le vétérinaire rapidement et ne pas laisser l'animal seul, en danger de se blesser.


MYOPATHIE INDUITE APRÈS L'EFFORT
Il arrive que, suite à un effort, quelques heures après ou le lendemain, le cheval soit retrouvé trempé de sueur et refusant de bouger. Il s'agit d'une myopathie (atteinte des muscles), qui peut également se produire pendant l'effort Le cheval est le plus souvent raide, partais atteint de tremblements. Le repos immédiat s'impose, il ne faut même pas tenter de le déplacer et taire appel rapidement au vétérinaire qui administrera des antispasmodiques, des anti-inflammatoires et une perfusion ré hydratante.

CHEVAL À TÊTE GONFLÉE...
La première chose à faire est de vérifier la respiration du cheval. Le rythme normal est de 8 à 12 respirations par minute au repos. Si le cheval a l'air anxieux et peine à respirer, il s'agit d'une urgence.
De la piqûre d'insecte ou de serpent à l'allergie à un produit chimique, en passant par un contact avec une chenille processionnaire, tout peut être envisagé, Les réactions aux produits peuvent concerner certains anti¬mouches ou des vermifuges. Dans ces cas-là, il n'y a pas de soin à apporter, il suffit de rincer à l'eau s'il s'agit d'un anti-mouches, et attendre si l'allergie est due à un vermifuge: on pourra à l'avenir même recommencer à l'administrer, la réaction étant passagère et sans danger.

URTICAIRE
Due à des piqûres d'insectes, à l'ingestion de plantes ou à une allergie médicamenteuse, la crise d'urticaire est aussi spectaculaire que sans gravité. Couvert de cloques. le cheval pourra attendre le vétérinaire et la cortisone qui va avec ...

ŒIL FERME
L'œil du cheval est une structure très fragile, surtout la cornée, et contrairement à la croyance généralement appliquée, une atteinte de l'œil relève de l'urgence.
L'œil peut être gonflé et le larmoiement important, avec éventuellement un clignement. Si l'œil est fermé, il peut y avoir un ulcère de la cornée.
Il ne faut surtout pas y mettre de pommade contenant un corticoïde sans l'avis d'un spécialiste, car s'il s'agit d'un ulcère de la cornée, la lésion serait amplifiée et peut-être irrémédiable.
Dans le doute, il est préférable de se contenter de rincer très doucement l'œil de l'animal avec du sérum physiologique, éventuellement appliquer une pommade antibiotique à la vitamine A, mais s'il n'y a aucune amélioration, ou que le cheval ferme de plus en plus l'œil, il ne faut pas tarder à appeler le vétérinaire.

OBSTRUCTION DE L'ŒSOPHAGE
Le cheval qui bave, a l'air inconfortable, l'encolure raide est une urgence. Il peut aussi recracher des substances alimentaires par les naseaux et la bouche, tousser, gratter comme pour une colique. Son œsophage est obstrué et un débouchage par sonde est la seule solution. Une couverture antibiotique sera souvent indiquée en raison du risque d'affection pulmonaire. En attendant le vétérinaire, ne rien tenter d'autre que de masser l'œsophage de haut en bas, et éventuellement administrer un antispasmodique par IV (intraveineuse), dans la jugulaire du côté droit, l'œsophage se trouvant à gauche, ou sinon par voie intramusculaire. Les engouements œsophagiens étant assez courants avec les aliments industriels, il faut prendre l'habitude d'attendre la fin des repas des chevaux et de vérifier qu'aucun n'est obstrué, avant de partir en les laissant partes seuls plusieurs heures.

TROUSSE DE BASE
- Cotons de repos, ou rouleaux de coton de 1 cm d'épaisseur.
- Bande cohésive (mais ne colle plus après la date de péremption), ou bande de polo ou de repos
- Cure-pieds et brosse à pieds
- Thermomètre sans mercure (dangereux en cas
de casse) - Ciseaux
- Seringues 20 cc et aiguilles roses
- Solution de povidone iodé (type "vétédine solution"): permet de désinfecter tout type de plaies ouvertes.
- Pommade ophtalmique à base de vitamine A et sans corticoïde
- Pommade antiseptique cicatrisante ou bombe aluminium.
- Sérum antitétanique en cas de doute sur la vaccination, mais attention à la péremption, et garder au réfrigérateur.
- Antispasmodique à base de dypirone, à administrer en IV ou en IM: permet, en cas de colique, de soulager le cheval et de prévenir une aggravation, sans risque de masquer les symptômes en attendant le vétérinaire.


Auteur: Emmanuelle de MONLEON ( 42 ans, Journaliste professionnelle depuis 10 ans spécialisée dans les sports équestres et le monde du cheval) avec l'aide du Dr Laure MANGIN-BOUGLÉ
 
 
Note: 5
(2 notes)
Ecrit par: sleipnir, Le: 15/08/10