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Les chevaux et les poètes doivent être nourris, non engraissés.
Charles IX
 
Rss Pas de bouche, pas de cheval...
Réflexions sur la bouche du cheval

I - Les dents

Afin de s’assurer de l’absence de problèmes dentaires, il est utile de surveiller l'état général du cheval, ses crottins, sa façon de s'alimenter et de le montrer une fois par an au vétérinaire ou dentiste afin qu’il contrôle sa bouche (dont les dents croissent continument) et qu’il puisse effectuer éventuellement un nivellement des aspérités avec une râpe ou une meule, voire une extraction de surdent. Une anomalie est parfois signe d'une mauvaise denture.

Des soins dentaires réguliers (une fois par an) améliorent le bien-être des chevaux en leur assurant un meilleur processus de digestion, diminuant ainsi les risques de coliques, la suppression des blessures à l'intérieur des joues, ainsi que des gencives, mais favorisant aussi un meilleur contact avec la bouche. L'extraction d'une éventuelle dent de loup peut aider à supprimer certaines défenses à la main.









II - La Communication du cavalier avec la bouche
La bouche est le principal moyen de communication entre le cheval et le cavalier par l’intermédiaire du mors. Ce dernier agit par pression ou par absence de pression sur les commissures des lèvres dans le cas du filet, ou sur les barres dans l’utilisation du mors de bride. Il en résulte que toute autre pression, telle que pointes d’émail, dents dominantes, dents de loup, dents de cochon… qui s’exerceraient sur la bouche du cheval risquent de perturber son interprétation de l’action du mors.
Un cheval qui refuse le mors ou qui bat à la main, qui se déporte en permanence sur le coté d’un obstacle, qui éprouve des difficultés à effectuer certains déplacements latéraux ou à tourner d’un coté, voire qui change de pied de manière inopinée, lorsque son cavalier prend contact avec le mors, ou bien qui travaille avec la tête légèrement inclinée, qui supporte mal le contact de la main ou prend la main à l’inverse, devra être montre au dentiste pour éliminer les causes éventuelles pathologiques.


III - La bouche du cheval, sa décontraction :

Lorsque la bouche du cheval est décontractée, les dents ne se touchent plus, dans ces conditions, le cheval peut normalement déglutir, saliver, et respirer.

Afin ne pas empêcher la déglutition salivaire, qui en temps normal intervient 1500 à 2000 fois par 24 heures, soit environ une déglutition par minute, il convient de ne pas serrer muserolle et nose-band du cheval, celui-ci devant pouvoir entrouvrir ses mâchoires pour favoriser ce reflexe de déglutition. Une fois la déglutition obtenue, la mandibule se trouve en position physiologique de repos. Ce cycle recommence toutes les minutes.
Si un obstacle tel qu’une muserolle trop serrée vient entraver le fonctionnement de ce reflexe, les fibres musculaires de la mâchoire sont en constante contraction, et ne permettent pas la récupération métabolique optimale, engendrant dans un premier temps des crampes musculaires (myalgies) et ensuite si les douleurs sont permanentes, le comportement de l’animal se dégrade (perte de concentration, agressivité).

IV - Qu’en est-il de la cession de la mâchoire ?


Le Général Decarpentry décrit :


"Lorsque le cheval est « juste » sur la main, la cession de mâchoire (action pour la mâchoire du bas, encore appelée mandibule, de céder), se présente sous la forme suivante :
- L’encolure et la tête ne modifient en rien leur position.
- la mâchoire s’entrouvre (lui permettre en ne serrant pas la muserolle) sans brusquerie, tandis que la langue remonte un instant par un mouvement analogue à celui (du déclenchement) de la déglutition (il s’agit donc de l’analogie avec le début du mouvement de langue qui initie une déglutition, celle-ci restant inaboutie), pour revenir ensuite à sa place normale, en même temps que la mâchoire se referme sans claquement de dents, ni de lèvres." (retour à la position physiologique de repos).
"Lorsqu’elle se produit ainsi, la cession de mâchoire est le signe apparent de la légèreté parfaite, et la preuve de l’exacte adaptation de l’équilibre du cheval, et de son impulsion, à l’allure et au mouvement demandés."


Le Docteur Sylvie Anduze-Acher précise :


Elle explique qu’obtenir une cession de mâchoire équivaut à vérifier physio-biomécaniquement l’hypothèse de la légèreté parfaite.

La cession de la mâchoire, au-delà des traités d’équitation classique, revêt donc une importance considérable, car d’un cheval qui mobilise sa mâchoire découle une relaxation générale de tout son corps. Les grands cavaliers et auteurs le ressentent et le décrivent très bien, et la Science prend désormais le relais pour expliquer comment respecter la biomécanique et la biologie du cheval, en quête de l’accroissement de son bien-être, pour lui faire franchir la barre des 50% de son potentiel, vers l’objectif des 100% de son potentiel réel.

Il en découle une importance capitale dans le choix du mors pour le travail au quotidien
Un mors à olives léger et creux, à gros canons pour le travail quotidien, en acier, est largement préférable à tout mors à effet de levier, car agissant sur la commissure des lèvres et non sur les barres, il engendre une douceur accrue puisque le cavalier agit vers le haut et vers l’avant, et n’a jamais la main qui recule ou s’abaisse pour offenser les barres de son cheval.

La mobilité de la mâchoire a une incidence non seulement sur les appuis antérieurs du cheval qui s’installe alors dans un équilibre parfaitement horizontal sans peser sur la main de son cavalier, il ne reporte donc plus son poids sur ses épaules, donc incidence sur l’équilibre du cheval en général.
La décontraction de la mâchoire joue également un rôle essentiel dans la prévention des pathologies.
La méthode de cession de la mâchoire a été abordée in extenso dans le manuel Cheval-Oblige II à travers une approche théorique et pratique, elle revêt une importance capitale dans le travail de tout cheval, quelle qu’en soit la discipline et le niveau.
 
 
Note: 5
(2 notes)
Ecrit par: sleipnir, Le: 07/05/09