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Les chevaux et les poètes doivent être nourris, non engraissés.
Charles IX
 
Rss La fourbure
La fourbure est une affection du pied d’origine systémique qui se traduit par une boiterie intense et d’évolution rapide sur les antérieurs ou les quatre membres. Elle peut affecter les chevaux de tous niveaux et de toutes disciplines. Ses conséquences sont souvent très graves et peuvent compromettre l’avenir sportif et même parfois la vie du cheval.

Caché:
Il s'agit d' une inflammation du podophylle (tissu charnu, vascularisé et innervé qui maintient la troisième phalange à la paroi du sabot). Cette inflammation peut être due à une infection ou un traumatisme des pieds ou être la conséquence d’une maladie gastro-intestinale.

Pendant la crise, l’irrigation du podophylle est réduite et les cellules meurent progressivement (nécrose ischémique), la troisième phalange n’est plus solidaire de la paroi du sabot. On observe alors une bascule de cette phalange, ou dans certains cas, où la nécrose est très étendue, une descente à plat de l’os du pied, parfois jusqu’à perforation de la sole avec risque d’infection du tissus osseux (ostéomyélite). Dans ce dernier cas, le pronostic est très sombre.

La fourbure peut affecter un seul ou plusieurs membres, le plus souvent les antérieurs car ils supportent 60 % de la masse du cheval.

On distingue plusieurs phases :

- la phase précoce : inflammation du podophylle sans nécrose

- la phase aiguë : nécrose du podophylle entrainant la bascule ou la descente de la phalange

- la phase subaiguë : stabilisation de la phalange (avec risque de retomber en phase aiguë)

- la phase chronique : succession de phases aiguës et subaiguës

Symptômes :

- fièvre

- boiterie d’appui / position antalgique (cheval campé du devant et sous lui du derrière)

- pouls digité accentué et accéléré

- sole bombée en avant de la fourchette / dépression en couronne

- sensibilité aux chocs


Causes :

- excès de grains (blé, orge, maïs)

- herbe printanière riche en glucide

- corticoïdes (glucocorticoïdes, corticostéroïdes, …;)

- endotoxémie

- colique

- pneumonie

- non-délivrance

- syndrome de Cushing (tumeur de l’hypophyse qui sécrète du glucocorticoïde)

- fourmilière

- excès de travail sur sol dur

- surcharge pondérale

- mise en charge continue d’un membre (car opposé douloureux)

Diagnostic :

- Anamnèse :

o condition de vie de l’animal

o changement d’alimentation

o changement activité

o dernière ferrure

o maladie

o traitements médicamenteux

- Observation :

o ferrure en place

o déformation de la corne (stries)

o palpation de la couronne (dépression)

o contrôle du pouls digité

- Examen locomoteur :

o au pas et au trot

o sur sol dur et sur sol souple

o sur le cercle (le fourbu ne s’appuie qu’un court instant sur le membre à l’intérieur du cercle à cause du cisaillement horizontal du tissus inflammé)

- Imagerie :

o radiographie : permet de voir la position de l’os

o thermographie : permet de voir l’inflammation en phase précoce

o phlébogramme : permet de voir la vascularisation du pied

Traitement :

- La fourbure est une affection grave, elle peut compromettre la carrière du cheval. Il est donc primordial d’entamer un traitement le plus tôt possible (la bascule peut apparaître en 8-12 heures). L’efficacité de ce traitement réside essentiellement dans la bonne collaboration entre propriétaire, vétérinaire, maréchal-ferrant et… cheval.

- Dans un premier temps, si cela est possible, il faut supprimer la cause de la fourbure (herbe trop riche, traitements médicamenteux, surcharge pondérale)

- Ensuite intervient la maréchalerie. Les principes qui seront décrits ici sont des principes très généraux qui doivent être adaptés à chaque cheval (voire à chaque pied), d’où l’importance de la collaboration citée plus haut.

- Dans la phase précoce, il suffit souvent, si on s’y prend à temps, de surélever les talons. On garde l’animal dans cette position jusqu’à ce que le pouls digité redevienne normal (après avoir fait marcher le cheval). On évite ainsi la nécrose du podophylle et donc la bascule de la troisième phalange.

- Dans la phase aiguë, il est difficile d’intervenir, d’une part à cause de la douleur, d’autre part la phalange n’est pas stable.

- C’est dans la phase subaiguë, lorsque l’os est stable, que l’on peut le mieux intervenir. On cherchera alors à réduire les pressions sur les zones sensibles (la paroi en pince et la sole en avant de la fourchette qui sont comprimées par la phalange distale). On fera donc, soit une fenêtre dans la paroi en regard de l’éminence pyramidale de la phalange, soit une avulsion de toute la paroi en pince. Le fer aura pour but de reporté la charge sur l’arrière du pied, avec un appui de fourchette, qui, par son effet de pompe, améliorera la circulation sanguine dans le pied. On utilisera, dans la plupart des cas, un fer en M, un fer en cœur ou un fer « rock’n’roll », mais d’autre fers peuvent être employés. On pourra y ajouter, soit une demie plaque partant des talons et recouvrant les 2/3 de la fourchette, sous laquelle on aura injecté de la silicone ferme (MV2-50shoreA) pour bien répartir la charge sur cette partie du pied, soit une plaque entière en utilisant la bi-injection : silicone souple en pince (MV2-10shoreA) et silicone ferme en région postérieure (MV2-50shoreA). Le fer sera broché avec des clous fins, le moins nombreux possibles, pas trop près de la pince. Les fers synthétiques à coller présentent l’avantage de réduire les chocs sur le pied lors de la mise en place (pas de brochage) mais le temps de préparation et de collage est plus long (temps pendant lequel on ne peut reposer le pied) ce qui entraine une longue mise en charge du membre controlatéral avec risque de nouvelle crise aiguë.

- L’animal, une fois ferré, sera mis en box sur une litière épaisse et souple (sciure, tourbe…;). La ferrure sera à renouveler après quatre semaines, elle sera adaptée aux évolutions du pied.

- A ce stade, le cheval semble moins souffrir, mais il est important de mener à terme le traitement pour ne pas être confronté à une fourbure chronique (pronostic très sombre).


Conclusion :

- La fourbure est une maladie grave et invalidante si elle n’est pas dépistée à temps. Elle a de multiples causes, toutes ne sont pas encore élucidées. Il est donc impératif d’agir vite dès l’apparition des symptômes pour pouvoir la traiter au mieux et limiter les complications comme la fourbure chronique.
 
 
Note: 5
(1 note)
Ecrit par: sleipnir, Le: 13/09/10