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« La position prime sur l’action. »
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Rss La foulée juste
La foulée juste

Par Michel Février


La discipline du saut d'obstacles exige de la part du cheval une exactitude rigoureuse demandant une préparation technique des plus affinées. Pourquoi? La moindre petite faute peut être sanctionnée par une pénalité et ne peut être rattrapée : une barre qui tombe, un dérobé ou un refus devant l'obstacle, sont vus par tous, même ceux qui n'ont aucune connaissance particulière en la matière.

Comment cette faute peut-elle arriver? Est-ce une faute d'inattention incombant au cavalier ou au cheval? C'est donc bien en déterminant exactement les responsabilités de chacun des protagonistes que l'on va pouvoir répondre à cette question fondamentale.

D'abord, est-ce le cheval ou le cavalier qui prend la décision de sauter? Cette question paraît simplette tellement elle est évidente. Mais elle est fondamentale dans la mesure où c'est bien la responsabilité entière du cavalier qui est engagée dans cette affaire.

Il ne faut jamais perdre de vue que le cheval n'a qu'un seul désir, c'est de galoper librement dans son pré et d'y manger l'herbe. Donc, tout ce qui va suivre va bien reposer entièrement sur les épaules de son cavalier.

Le cavalier doit tenir compte de deux paramètres principaux : pour l'environnement, de la nature du terrain et des conditions atmosphériques et pour son cheval, de sa condition musculaire, c'est à dire son aptitude physique et mentale à assumer les efforts à venir.

Le cavalier est responsable de l'état de la musculation de son cheval, autrement dit, de la possibilité d'exploiter ou non son potentiel à la mesure de ses moyens. A l'abord de l'obstacle, la bonne, la mauvaise ou la juste foulée en découlera, ipso facto.

La question est maintenant de savoir si le cavalier doit rester le maître absolu de la conduite du cheval à l'obstacle ou s'il doit lui laisser une part d'initiative. Dans un cas, le cavalier risque, en cherchant toujours la bonne foulée, de trouver la mauvaise.

C'est intéressant aussi de vouloir laisser au cheval l'initiative de l'approche de l'abord de l'obstacle. Il va rechercher la foulée qui lui permet de passer l'obstacle à sa juste mesure, en faisant un minimum d'efforts. Il va trouver la foulée juste.

L'un se focalisera sur la préparation de l'abord du saut dans les dernières foulées, l'autre aura donné les moyens au cheval de prendre la mesure exacte de l'effort à fournir pour le franchissement de chaque obstacle afin d'effectuer un parcours sans faute.

Ainsi, bien souvent, un cheval ayant à l'origine des capacités moindres peut obtenir des meilleurs résultats du fait que son cavalier a réussi à lui faire dépasser la barre des 50% de son potentiel « brut » (cf l’article : le potentiel du cheval); il se trouve alors dans les conditions optimales pour faire progresser sa masse musculaire vers les 100% de ses capacités et donc dans une aptitude optimale de jugement de l’évaluation de la hauteur de l’obstacle à franchir sans efforts.

[…Le fait d'avoir le sentiment d'être sur la "bonne" foulée n'implique pas automatiquement que l'on soit sur une foulée "juste"…]

Extrait du manuel "Cheval Oblige II" par Michel Février.

 
 
Note: 5
(1 note)
Ecrit par: sleipnir, Le: 21/09/10