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Vous vous efforcerez de causer avec le cheval et de vous en faire écouter.
François Baucher
 
Rss Enseignants et Dresseurs
Enseignants et Dresseurs
Par Michel Février

La pratique de l'équitation s'effectue dans des structures plus ou moins adaptées appropriées à la rendre plus ou moins attrayante. Cela dépend de la qualité des locaux, de celle du niveau pédagogique des enseignants et bien évidemment du degré de dressage des chevaux ou poneys destinés à l'instruction des cavaliers. 

Si des progrès substantiels ont été faits en matière d'accueil, de convivialité, de formation, de sécurité des installations et des matériels, il semble que l'équitation dite "classique" tombe en désuétude au fil des années. Bref, l'école des aides et le perfectionnement équestre ne font plus recette, de nouvelles méthodes d'approche du cheval apparaissant plus attractives.

A cela, il n'y a rien à redire si la majorité des cavaliers "clients" y souscrivent en y trouvant leur compte. La question à se poser alors est de comprendre la ou les raisons pour lesquelles les cavaliers se détournent ainsi de l'équitation classique jusqu'à, trop souvent, l'abandonner. Le manque d'intérêt provient, à la base, de l'ennui, de la peur (des chevaux), d'une certaine routine dans le déroulement d'une séance.

Soit le cavalier abandonne parce qu'il a trop peur, soit il a l'impression de piétiner et ne plus progresser. Peur ou désintéressement ne peuvent avoir qu'une seule cause : la qualité des chevaux ou poneys. Or suffit-il de payer un cheval très cher pour qu'il soit "gentil" et qu'il fasse tout ce qu'on lui dit de faire? De toute façon, un centre équestre ne peut pas se permettre d'acquérir des chevaux à ces prix là.

On peut donc aisément conclure que ce ne sont pas les chevaux les plus performants qui atterrissent à l'instruction. Il va donc falloir que l'enseignant pallie ce manque de qualité des chevaux par une attention particulière qu'il devra porter à leur dressage et s'investir donc dans ce travail pour les améliorer. Encore faut-il que l'enseignant lui-même ait subi une formation propre à lui permettre de savoir véritablement faire face à tous les problèmes inhérents à la conduite du cheval.

Dans la réalité, l'enseignant ne se préoccupe pas ou peu du sort des chevaux d'instruction. Diverses raisons à cela et une majeure : c'est qu'il ne peut pas être en même temps au four et au moulin! Il doit bien souvent assurer l'entretien des écuries (fumier, nourriture, infrastructures, etc…), jouer le rôle "d'hôtesse d'accueil", celui de gestionnaire, faire les reprises et en plus, toujours garder le sourire! Cà fait des sacrées journées! Mais le client, où le place-t-on dans ce dispositif? S'il paye, il a le droit d'exiger un service minimum en retour.


En fin de compte, qu'est-ce qu'un cheval dressé, ne posant aucun problème à son cavalier? Est-ce trop demander que d'avoir un cheval qui s'arrête, qui avance, qui recule, qui tourne à droite, qui tourne à gauche, dans le contrôle de ses allures sur le plat et à l'obstacle, quand on le lui demande? C'est peut-être dans la résolution de ce minimum de service que, bien souvent, le cheval ne peut pas rendre, que se trouve la solution. Le cavalier débutant apprendrait déjà ce qu'est le tact équestre car il n'aurait aucun mal à suivre la mesure exacte du degré de sensibilité du cheval acquise à la moindre pression des doigts et des jambes.

On ne demande pas à un enseignant d'être un dresseur. Il faut savoir pourtant que l'avenir des centres équestres se fera sur la réussite de l'enseignement de base. Il faut donc qu'un travail de dressage de base soit entrepris sur l'animal. Cela est de la responsabilité pleine et entière de l'enseignant. Il en tirera grand bénéfice jusqu'à pratiquer ou faire connaître à ses clients telle ou telle autre forme d'équitation dans le souci constant d'une sécurité pleinement assurée, du point de vue du cavalier comme celui du cheval.
*«…L’autre aspect consiste à travaillertous les chevaux, champions ou de carrière (d’instruction), avec la même attention, en apportant un soin particulier à ceux qui sont susceptibles de souffrir le plus… »

D'après les enseignements du manuel "Cheval Oblige II" par M. Février

 
 
Note: 4
(2 notes)
Ecrit par: sleipnir, Le: 21/09/10