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Rss Domptage, dressage ou éducation?
Domptage, dressage ou éducation?

Par Michel Février


LE CHEVAL SAUVAGE

Dans l'établissement d'un projet quel qu'il soit et qui se veut cohérent, il n'existe aucune autre possibilité, pour le rendre crédible, que de le fonder sur l'existence réelle de bases évidentes, volontairement admises par tout le monde.

On peut d'ores et déjà affirmer que l'évolution de l'espèce animale s'est faite, au cours des millénaires, inéluctablement, à la suite de chamboulements d'ordre naturel, sans que l'homme ait pu s'y opposer.
Cette période correspond donc au règne absolu du monde animal où la loi des plus forts sévissait sans partage. Le cheval sauvage sauvegardait son immense territoire à la mesure de sa force physique ou de sa vélocité et de l'importance du nombre d'éléments composant sa horde.

En même temps l'homme, lui aussi, évoluait. Il croissait, se multipliait, bref, finissait par maîtriser l'environnement dans lequel il vivait. Le monde animal vit alors son espace vital se réduire progressivement et son existence se précariser au fil du temps.

LE CHEVAL DOMPTE

Puis l'homme se rendit compte que certains animaux pouvaient lui être d'une grande utilité pour effectuer des travaux pénibles comme ceux ayant trait à l'agriculture, au transport ou à la guerre. L'animal sauvage, le cheval en l'occurrence, devenait une bête de somme.
De l'état sauvage, le cheval devait passer à l'état domestique. Il fallut alors le dompter, c'est-à-dire réduire toutes ses velléités en le rendant complètement dépendant de l'homme. La loi du plus fort tournait à l'avantage de l'homme et cela fut possible grâce à l’invention du mors, il n’y a pas si longtemps d’ailleurs.
Le progrès aidant, la civilisation se développant et le confort matériel s'accentuant, les relations entre l'homme et le cheval devinrent plus faciles voire plus familières. Cependant, les rapports de force étaient toujours prépondérants.
Aujourd'hui, l'homme s'efforce de reconsidérer la vie du cheval à l'origine. L'éthologie, étude scientifique du comportement de l'animal vivant dans son milieu naturel, s'intéresse au comportement du cheval sauvage qui n'a rien à voir avec celui du cheval dressé. En effet, la mode de l’éthologie actuelle consiste à vouloir enseigner à des cavaliers des attitudes bien codifiées pour l’approche des chevaux sauvages.
L’erreur fondamentale, le non-sens même, est de vouloir l’appliquer à des chevaux « domestiqués », qui, par essence, ne sont plus des chevaux sauvages ! C’est comme si voulait faire réapprendre l’alphabet à Montaigne, Descartes ou Victor Hugo, non ?

LE CHEVAL DRESSE

Un compromis, sur les bases de codes bien définis, fut établit entre l'homme et le cheval. Aujourd'hui, l'enseignement équestre est dispensé, d'après cette codification, dans les académies et autres écoles. Du cheval dompté, on passa à l'ère du cheval dressé.
Il faut bien reconnaître que cette codification a conduit à un accord reconnu par des concessions réciproques. Mais qui dit concessions dit limites à ne pas dépasser. La nature est ce qu'elle est et a tendance à reprendre tous ses droits dans des conflits importants.
Les rapports de force sont alors inévitables. L'homme considère que l'animal doit se soumettre de gré ou de force. Il n'hésite pas alors à employer tous les moyens coercitifs qu'il a à sa disposition pour faire plier l'animal à une certaine discipline
Le résultat n'est pas souvent à la hauteur des exigences de l'homme car il se fait au détriment de la santé mentale et physique du cheval. En tout état de cause, la majeure partie des cavaliers n'adhère aucunement à ce genre de comportement.


LE CHEVAL EDUQUE


C'est toute l'originalité de l'enseignement qui est dispensé dans le manuel "CHEVAL OBLIGE II".
Peut-on réellement éviter les rapports de force avec le cheval? Comment obtenir des résultats probants et vérifiables?

Il est évident qu'en se situant dans une communication d'écoute de l'animal, son attention sera retenue et il sera enclin à considérer favorablement ce qui lui est demandé. La seule base valable favorisant ce contact devra s'établir sur un processus contractuel (psychotechnique) favorisant un libre-échange constant entre une attitude réceptive à donner d'abord pour recevoir ensuite.

La réussite de la prise de contact est déterminante si ce processus s'appuie sur le respect de l'intégrité physique et mental de l'animal. Cela se traduira par un bien-être immédiat que le cheval ressentira lors de la première séance. L'impression de mieux-être s'inscrira alors dans son mental et le premier pas sera fait, d'une façon définitive.

L'envie du cheval de retrouver cette sensation agréable l'obligera volontairement à faire les efforts nécessaires pour améliorer sa musculation. Le cavalier devra, dans ces conditions, faire preuve de beaucoup d'humilité et de retenue afin de ne pas abuser de sa bonne volonté. La patience sera alors de rigueur pour ne pas aller au-delà de ses limites.

La conséquence directe de ce comportement déterminera une absolue confiance du cheval envers le cavalier et vice-versa. Toutes les raideurs, résistances voire défenses, tomberont les unes après les autres. Ainsi sur la base d'un cheval Cohérent va s'appuyer la construction du cheval Athlète, puis du cheval Artiste jusqu'à celle du cheval Juste.

La progression du cheval et de son cavalier est inéluctable.

Conclusion:

*« La technique ne vaut rien si elle s'attaque aux forces vives de l'animal, elle est tout si elle sert à les valoriser »

*(Extrait du manuel "Cheval Oblige II" par Michel Février – Editions PUBLIBOOK – 133 ante, rue de l’Université – 75 007 PARIS -Prix : 33€54cts)

 
 
Note: 5
(1 note)
Ecrit par: sleipnir, Le: 21/09/10